Faisant chemin (extraits)

« Faisant chemin » ouais !
Du coin de la page
À l’orage
À la paix (…)

Préambule de Dinan à St Michel

Le long des routes et des champs,
je monde et je descends.

Qui es-tu ? De la ville-là ou d’ici-bas ?
Me reconnaîtras-tu ?
… quand je viendrai vers toi
avec tout ce que j’ai dans les bras,
sous le cœur, à l’esprit ?
Nous aimerons-nous… bien ?

Je pars en pèlerinage bientôt,
vers Compostelle, Santiago ! et au-delà, Jérusalem.
Guidé par saintes et saints peut-être même
(mais, « Inana », qui sait, qui sème ? je marcherai champêtre…)
Je partirai de Vézelay si Dieu me prête vie,
et on verra jusqu’où ça me conduit (dans le temps que j’ai).

J’écrirai les poèmes du chemin qui se fait.
Peut-être que je recopierai un jour aussi mes tous premiers carnets ici…
ou bien je les garderai secrets pour mes ami-e-s.

1. l’Aronde – Notre-Dame-des-Landes.

(…)

L’orage grondait à l’est, mais je vais vers le sud,
comme les guerriers de paix au solstice d’été !

En passant du côté du passé,
je me suis un peu arrếté…
mais il ne souhaitait pas trop recevoir.
Alors courage, un peu plus loin !

Ici c’est bien.
Entre l’orage et l’orange,
il n’y a pas de haine.
L’un te déménage,
l’autre tu la manges (moi, dans la grange).

Qu’est-ce qui te gêne, te démange ? Le jeûne ?
Bah c’est fini, ça suffit. Page pleine.

***

Bontés divine :
la cerise étonnée,
l’ancienne communauté,
l’absence maline.

Tout est chemin et le manque qui me tord les reins bénit mes pieds.
Mais c’est de l’or en ligne de mire : est-il encore temps de dormir ?

Est-ce bonheur de se réveiller ?

(…)

Si la route humide est lourde de boue
que mon pied sans frémir solide bout !

Ardent charbon de la déesse sans âge,
guide-moi dansant vers le pommier sauvage.

(…)

Silence, silence, silence ou bien murmure :
Chaque effort de patience
est la danse de ma chaussure.

Fuira le malheur surpris,
Côlons ou peines avec sursis,
les hommes qui opèrent
les construits les plus fous…
Là où l’on se tient debout
s’ouvre notre nouvelle ère.

***

Confiance en Toi :
le sens est là,

avec ou sans valises,
avec ou sans balises.

La peau hésite…
le souffle l’habite.

***

Trois cerises parfois suffisent
pour la faim ou le pardon.

***

Parfois en cas de doute
moins vaut la carte que la route :
là où tu as pied, même si c’est pas marqué.
Ainsi de ce poème : sais-tu l’incarner, sachem ?

Par chance de tous temps,
l’oiseau s’envole
et ma plume décolle du papier blanc (béni / ce qui reste…)

(…)

Les pèlerin-e-s partagent avec tous les êtres qu’iels croisent leur question : où est l’amour ?

réveille-moi je rêve
est-ce que tu es là ?

Il est grand temps de vivre !
Tant d’entre nous font encore comme si (de) rien n’était.

Tu me regardes et je ne peux plus
faire semblant de ne pas me rappeler.
Zikr ! La publicité, la guerre,
la violence, la misère,
la finance & la folie,
la loi et son air joli.

***

Quand j’appelle la vérité,
mon chapiau s’envole.
Je le ramasse dans le pré :
les vaches rigolent.

(…)

Entre un chat et un hamster,
la parole et les phylactères,
l’if antique et l’épicéa,
la mystique et le béat :
bah la confusion touche tous les règnes.

***

Il n’y a au fond de kabbale
que celle qui tout rond s’enseigne sans mal.

***

Tu trimballes des céréales ?
As-tu peur de manquer de pain ?
Es-tu un visage pâle ?
De quoi tenir jusqu’au moulin,
voilà ce qu’il te faut :
ortie et viande sèche,
noix, chocolat et eau.
Sans ça c’est pas la dèche :
marche, / le monde est grand et beau
crache, / mais dans ton chapeau, oh !
… ou à la caisse en espèce,
si t’as pas vu les fruits des bois, là.

***

(…)

Des âges de patriarcat impérial
des lustres de patriarcat féodal
des révolutions patriarcapitales :
le roi et toi et moi
avec nos ânes, nos plumes et nos cerisiers
mort-e-s de faim, d’ennui ou d’amour,
alors que nos corps vivants sont si beaux !

***

En marche lasse & trash vers l’or chelou si proche.

(…)

Tel le battement d’aile du papillon (blanc) aux phénomènes météorologiques,
l’esprit dialectiquement influence nos orages, nos serments et nos accalmies.

Ainsi de ce gant posé sur la boîte aux lettres,
de ces fleurs à toutes les couleurs de l’être,
de ce cœur ardent qui demande à boire,
de la voisine à qui donner un peu d’espoir.

***

Il est des communs malheureux
comme elle est des symbioses terribles.

(…)

Il en rajoute dans la soute verbale : en joue, en avant toute, garnison tribale !
Collectif moi.

(…)

Ce n’est pas parce que l’église
a trahi souvent son essence
qu’il faut jeter l’enfant Jésus
avec l’eau du Jourdain !
(Ça me défrise, cette violence : un fouet nu sur les reins)

(…)

Dame ! l’âme nomade marmonne comme la nonne l’amour et l’amadoue.

***

La sagesse du chemin, c’est de mener quelque part.
Mon ignorance c’est seulement de ne parfois pas le voir.
Mon ignorance c’est seulement de ne pas toujours y croire.

***

(…)

Trimballer des trucs inutiles : indispensable. Ainsi forger l’effort de joie.
Mais se confier à la vie aussi : pourquoi en porter à travers les pays, de celà qui pousse partout ?

***

Rencontres chrétiennes : plus faciles sur les chemins balisés.
Rencontres païennes : plus facile sur les voies sauvages du hasard.

***

Selon la vision d’un cousin, je fis un petit feu.
Comme j’ai soufflé longtemps pour qu’il prenne !
Humide la forêt… et il fallait le temps que le chêne
et ses oiseaux se fassent à l’idée, vieux !

***

Intentionnellement, j’ai tué nombre d’animaux, de ma propre main, parasites !
Parfois la mouche appelle à la présence,
mais je n’aime pas qu’on me suce le sang.
Ou plutôt j’offrirais bien ce qu’il en faut
même à la tique moche sans malsaine démangeaison,
ou au mousse idiot s’il n’était à la solde du capitaine.

(Je précise que je n’ai pas d’arme, mais qu’ils ne pourront pas tirer.)

***

Yeux dans les yeux
celui qui ne reconnaît pas un frère
est-il digne de la vie sur terre ?
Pardonnons encore mieux.

Pardon, c’est réciproque
Toujours, c’est une idée aussi
Mais l’esprit s’accroche au corps bel et bien
Grâce à nous

***

Toujours
la Zad jardine.
Peu importent les courants ?

J’ai porté l’achillée rabougrie, la ronce et le millepertuis en train de sécher
jusque sur ces terres sacrées
par la lutte de tant d’ami-e-s.

Kyrie eleison, notre dame des Landes ! Alaha niyak, shalom !
Au Taslu le soir là cinquante sont rassemblé-e-s pour écouter, parler de révolte et de psychiatrie.
J’aime mieux ce genre-là de messe je crois, ou l’esprit communie sans parole convenue.
Derrière la piste H sans tache, on mange des cacahuètes et on rassemble les morceaux de l’histoire entre deux sessions collectives aux chantiers.
Presque au carrefour l’ambazada brille déjà en attendant une moins modeste façade.
Radical extrême, radicollabo ou radical vrai, questions de mots… chacun-e a ses raisons.
Anarchie commune à l’appel au fond s’il s’attendrit quand même avec l’
inclusion !

***

Un pèlerin sur le retour,
de son pouce de sept lieues,
franchit d’un bond 5 ou 8 jours,
assis à l’arrière entre deux.

***

Est-ce que le mouron qui pousse au pied du maïs est bon ? Je sais pas : non.

Voir tout ce qui va : je devrais commencer par là ?
Ingrate question… Si je n’étais pas myope, y verrais-je aussi bien ?

***

Apostasier : renier dieu.
Je souffre du même mal que celles qui renient Vatican 2,
à certains endroits des fois !

Coëtcouvran, Coëtquidan :
la pièce était-elle ou non drôle ?
Entre le retour et l’aller,
j’ai changé mon bâton d’épaule.
Je suis passé comme un fantôme à l’armée
et chez les nonnes, comme un amant
qui prêche les nouveaux temps, allez !
De retour de la Saint Jean, ou de retour d’un lointain pôle.

***

Sardine, Smardine, Wardine, Zardine
XY encore en chemin
Oui mais touché-e-s de grâce divine
Si votre collectif me plaît bien !

Elfes, paysans, samala, grands cœurs,
ya bo jeu qu’à sont sauvées,
vos âmes bien incarnées :
elles n’ont cure du prieur !

Gardez quand même – on sait jamais – l’Antoine saint dans sa boîte…
Si un jour le hibou boîte, peut-être i saura le soigner.

(…)

Tous les sentiers tournent en rond.
La seule lumière, c’est les lampions
qu’on promène à un mètre et quelques d’la Terre.

***

C’est pas passk’y a des apostrophes
qu’i faut s’dire « c’est d’la poésie », prof ! que nenni…
En deux syllabes j’articule à l’aise
lion, pays, enculé ou mayonnaise.

***

Je te salue Marie, ô grâce – ou quel que soit à présent ton nom…
Ferme présence d’être, femme parmi les femmes !
Vos entrailles, vos peaux, vos cœurs, leurs flammes
et nous leurs fruits aussi sont béni-e-s ou non ?

Voilà l’auto, te voilà toi,
au pied de la dernière croix avant la Griffe, tu es là :
Le voyage est fini, et le premier poème aussi.

 

À travers toutes les terres saintes

Marche : seulement si des jambes valides
sinon ça converge quand même
– pouvoir du non-local et de l’incluSivE

Le lent gage du chemin :
ne passer que par là où ça fait sens

Les nomades migrent et sèment,
les sédentaires récoltent et prient.
Ensemble iels fécondent, séparément on sait !

Prévoir des raccourcis,
c’est risquer de ne pas / savoir
savourer / le détour

Connaître :
cela n’a lieu que maintenant
Hommage aux esprits de la Nature que nous avons TraversÉ·e·s

***

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Bien d’autres mots sur nos cahiers
nos routes depuis !

… écrivez-nous pour les lire aussi ?